IFAT - Institut Français de l'Analyse Transactionnelle

EDITORIAL DU N° 146

Avril 2014 - Laisser une trace de son passage

Écrire est une façon de matérialiser sa pensée, ses idées ou ses opinions, comme pour laisser une trace de son passage sur terre. Mais de l'intuition jaillissante à la publication du texte, quel chemin ! Dans ce numéro des AAT consacré à l'écriture, Jacques Hillion nous propose une réflexion et une méthode sur l'écriture scientifique qui vise à produire de la connaissance. Si la recherche produit de l'intelligibilité, c'est-à-dire de la compréhension, celle-ci doit se transmettre de manière claire et rigoureuse. Pour ce faire, Jacques nous présente une trame intéressante sur les niveaux et les modalités de l'écrit. L'auteur insiste également pour dire qu'écrire, c'est aussi chercher, et que l'on ne trouve pas du premier coup. Car la recherche ne peut se concevoir sans tâtonnement. France Brécard s'en prend à ces démons qui nous guettent quand vient l'envie d'écrire. Pourquoi n'écrivons-nous pas plus ? Avec sa plume d'analyste transactionnelle, France reprend méthodiquement les principaux concepts de l'AT au regard de la difficulté à écrire. Mais elle conclut par un bel encouragement : commencez petit. Ne visez pas tout de suite le prix Goncourt ou plus modestement le Prix Raymond Hostie. Ecrivez quelque chose de léger, sans grand enjeu, par exemple un forum pour les AAT, ce qui vous permettra d'avoir une nouvelle vision de votre rapport à l'écriture.

Marco Mazzetti a reçu le prix Eric Berne en 2012. Félicitations, Marco ! Il était donc normal de l'honorer par son article de fond sur la supervision. Marco reprend la genèse de la supervision en AT en commençant par les tout premiers séminaires de Berne. Puis il nous emmène progressivement vers son modèle opérationnel. Il est sûr que cet article ravira tous les superviseurs et les coaches en demande de cadres et de méthodes. Isabelle Crespelle est une grande dame. Co-fondatrice de l'IFAT, elle nous montre comment s'écrit l'histoire, la petite et la grande. Pionnière, bâtisseuse infatigable, consolidatrice engagée, citoyenne du monde, elle a rencontré les grands noms de l'ATW à ses débuts. Elle nous raconte également ses engagements et ses combats pour promouvoir l'AT. En termes vivants, délicats et choisis, Isabelle nous livre quelques anecdotes éclairantes et savoureuses. Sans doute aucun, l'AT est sa maison. Et il y fait bon vivre.

L'appel à forum est lancé par Anne Clotilde Ziégler. Dans un style bien à elle, Anne décrit les affres et les bonheurs de l'auteur. « Ciel, mon dieu ! Et par où commencer ? Que vais-je écrire alors que je veux tout dire ? Qui ma prose va-t-elle intéresser ? ». Dans un style alerte, Anne nous décrit les joies et tourments que nous avons tous connus. Ah quel bonheur de se lire, enfin ! Berne évoquait le rasoir d'Ockham. Bien sûr écrire, c'est construire et ajouter. Mais c'est aussi et surtout, déconstruire, enlever, épurer jusqu'à rendre le texte évident, simple et limpide. Alors le cadeau est prêt. La postérité peut s'en emparer et à son tour… écrire.

François Vergonjeanne
CTA-E
Méré (France)
A.A.T. - Revue trimestrielle de l'IFAT



Sommaire du n°146

Laisser une trace de son passage



- L'écriture comme outil de recherche, Par Jacques Hillion.

La revue des A.A.T est une revue destinée à des praticiens, écrite par des praticiens. Son objectif principal est de permettre la diffusion d'une pensée vivante, interrogeant aussi bien nos pratiques que la théorie transactionnaliste qui les sous-tend. Se pose la question de la qualité des textes. Jacques Hillion possède un master en psychopédagogie perceptive de l'Université Fernando Pessoa (Porto). Il est actuellement doctorant en Éducation à l'Université de Sherbrooke (Canada). Son thème de recherche est l'aide à l'écriture pour les étudiants universitaires. Avec une grande gentillesse, il a accepté de nous livrer quelques points de repères sur l'écriture dans le domaine de la recherche en sciences humaines. Il nous donne ainsi de précieuses balises, certaines très concrètes, à même de nous guider dans notre travail de conceptualisation et d'écriture.

- La lutte avec nos démons. Pourquoi nous n'écrivons pas... plus, Par France Brécard.

La caractéristique première qui m'a sauté aux yeux - je devrais dire au cœur - à la lecture de l'article de France Brécard, c'est son amour de l'humain. Tant sur le concept-sujet que sur les personnes qui souffrent de l'inhibition de l'écriture, elle fait preuve de fine compréhension et d'analyse. Elle met aussi en évidence tous les ressorts de l'analyse de ces phénomènes, ainsi qu'un éventail particulièrement étendu des outils qu'offre l'Analyse Transactionnelle pour venir alléger, voire souffler les obstacles que les auteurs se créent lorsqu'il s'agit de passer à l'écriture.

Instructif par la richesse des angles de lecture, de compréhension et de traitement du problème, cet article brasse très largement dans les savoirs, avec une humanité et une empathie qui donnent envie de s'asseoir à côté de cette thérapeute pour la regarder œuvrer.

N'hésitez pas, régalez-vous ! S.N.

- La supervision en analyse transactionnelle : un modèle opérationnel, Par Marco Mazetti.

Nous avons le plaisir de vous présenter l'article qui a valu à Marco Mazzetti le prix Eric Berne en 2012. Il est à noter que cette même année Rosa Krausz a également été lauréate du prix Eric Berne, pour deux articles. Vous trouverez ces deux derniers dans notre revue. Il s'agit de « Pouvoir et leadership dans les organisations » (A.A.T., 42, 1987, pp. 51-61. C.A.T., 7, pp. 276-286) et de « Scénarios organisationnels » (A.A.T., 71, 1994, pp. 100-110).

L'auteur discute les caractéristiques propres à la supervision en analyse transactionnelle. Il présente un modèle opérationnel en partie fondé sur la grille d'évaluation proposée par Clarkson (1992) pour évaluer les séances de supervisions, qu'il a modifiée afin d'en définir sept aspects : 1) un contrat clair et approprié, 2) l'identification des problématiques centrales, 3) un contact émotionnel efficace avec le supervisé, 4) la protection à la fois du supervisé et du client, 5) le pointage des zones de développement, 6) la conscience et l'utilisation efficace du processus parallèle et 7) une relation d'égalité entre le superviseur et le supervisé. Les caractéristiques de ces sept éléments sont discutées pour chacune des trois phases de la formation (initiale, intermédiaire, avancée) et sont intégrées au modèle de développement de la supervision d'Erskine (1984).

« Si les fleuves et les mers règnent sur tous les ruisseaux, c'est parce qu'ils savent toujours se tenir plus bas qu'eux. »
Lao-Tseu

Sommaire du n° 147 : Cadre, contrat, croissance (Juillet 2014) Editorial Catherine FRUGIER : « Cadre, contrat, croissance » p.1 à 2 J'ai découvert l'analyse transactionnelle il y a une vingtaine d'années. J'étais alors jeune enseignante, et l'apport sur le besoin de structure a été pour moi une quasi-révélation. Pour la première fois, je comprenais l'importance de poser un cadre explicite, contractuel, avec les élèves. Je prenais conscience des diverses modalités de la structuration du temps social. Ensuite, la T.O.B. m'a donné... Daniel CHERNET : « Coaching et développement des organisations » p. 3 à 14 L'usage du coaching est un bon indicateur du niveau de développement des organisations. L'article vise à décrire les risques, pour le coach, le coaché et la personne morale, d'une position de vie non ok envers le coaching, et les bénéfices d'une intégration du coaching dans une culture managériale empreinte d'okness.? Jean MAQUET : « Du contrat psychologique à la dynamique du cadre : entre ombres et lumière » p. 15 à 34 L'objectif de cet article est d'approfondir notre compréhension de la théorie de la contractualisation en analyse transactionnelle. Après un aperçu de la théorie de la contractualisation de Berne et des contributions théoriques de Sills et Jacobs, de nouvelles propositions sont faites. Contractualiser peut être considéré comme une transaction à double fond comportant un niveau social qui concerne les aspects de contenu de la contractualisation et un niveau psychologique qui concerne les aspects de processus. Le niveau social est particulièrement exploré à partir du contrat administratif et la fonction positive des mouvements du cadre est soulignée. Le concept de dynamique du cadre est introduit. Puis on décrit en quoi le cadre permet l'intégration des erreurs, des malentendus et des ajustements nécessaires, comme des aspects inévitables et hautement productifs du processus thérapeutique. La dynamique du cadre est reliée aux conflits idiosyncrasiques du patient ; certaines particularités des conflits psychiques à l'œuvre chez une patiente diagnostiquée comme état limite, et traumatisée par des abus sexuels dans son enfance, sont discutées. Pour conclure, une étude de cas souligne comment les failles dans la relation thérapeutique, à la fois, mettent en défaut la capacité de la patiente à symboliser et permettent sa restauration. Stan MADORE : « L'imago secondaire en organisation » p.35 à 41 Dans cet article, Stan Madoré partage avec nous son interrogation et sa réflexion sur la dernière étape de l'ajustement de l'imago, aboutissant à ce que Berne nomme « imago secondaire ». Que peut signifier ce terme, et le niveau d'intimité qui lui est attaché, dans un contexte professionnel ? Comment transposer au contexte d'une organisation le travail de Clarkson, élaboré dans le cadre d'un groupe de thérapie ? France BRECARD : « Rencontre avec : Lise SMALL » p. 42 à 51 France Brécard a rencontré pour nous Lise Small. Récit d'un long cheminement, celui d'une jeune Américaine prof d'anglais, arrivée en France il y a 50 ans, qui a mobilisé toute son énergie et sa volonté pour devenir psychothérapeute. Dans ce témoignage surgissent les noms des pionniers de l'analyse transactionnelle, et en filigrane se lit l'histoire de l'importation en Europe d'une théorie née aux États-Unis. Forum François VERGONJEANNE : « Vous êtes coach et alors ? » p. 52 à 53 Des confrères (consœurs) se disent coaches, d'autres, thérapeutes ; certain(e)s, psychologues, psychopraticiens, ou thérapeutes de groupes. On trouve également des superviseurs, coaches-formateurs, formateurs-coaches, coaches d'équipes ou d'organisations. Quelques-un(e)s sont accrédités à superviser des superviseurs qui supervisent des clients qui accompagnent des changements qui ... ! Sur quoi se basent... Caroline RENSON : « Persona (grata ?) p. 54 à 55 « Ne dites pas à ma mère que je suis psy, elle me croit pianiste dans un bordel » pour paraphraser Jacques Séguéla, publicitaire des années 80. Intéressante question en effet que ce « Comment je me présente ? ». Qui suis-je, quand et où ? Comment les autres me perçoivent-ils ? En d'autres mots : pour me parler comme ça, pour me regarder comme ça, pour me toucher, pour me poser des questions personnelles,... Danielle MIZRAHI : « Concilier enseignement théorique et réalités professionnelles » p. 56 à 57 Cet article de François Vergonjeanne aborde des points importants, faisant écho à des questions qui me sont souvent venues à l'esprit. Je suis consultante en management, formatrice et coach et, de ce fait, en relation avec des dirigeants, managers et responsables des Ressources Humaines dans des entreprises de l'industrie et des services. La mention de ma certification en analyse transactionnelle ne...
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