IFAT - Institut Français de l'Analyse Transactionnelle

Les concepts d'origine de l'analyse transactionnelle

Les besoins de base Les états du moi Les transactions Les jeux psychologiques Le scénario

Les besoins de base

Eric Berne, psychiatre américain, fondateur de l'Analyse Transactionnelle a introduit dans son livre « Analyse Transactionnelle et Psychothérapie »  l'esquisse d'un système cohérent de psychiatrie individuelle et sociale.

La théorie de l'Analyse Transactionnelle est conçue comme une théorie scientifique. C'est une théorie permettant d'analyser les dynamiques intrapsychiques (ce qui se vit dans le psychisme de la personne) et les dynamiques interpersonnelles (ce qui se vit dans la relation avec les autres). C'est aussi une approche psychothérapeutique spécifique. Pour Eric Berne, le contrat est à la fois un cadre et un processus thérapeutique fondamental. Pour lui, c'est la personne qui accepte de changer et de guérir.

À la base de la théorie :

  • un postulat : chaque personne fait de son mieux dans la situation telle qu'elle la perçoit. En bon Américain, Eric Berne dit : chacun est OK.
  • un modèle : la structure fondée sur les trois états du moi (Parent, Adulte, Enfant).
  • des lois : les trois lois de la communication relatives aux échanges mis en œuvre, nommés « transactions ».
  • une dynamique : le besoin de reconnaissance commun et nécessaire à toute personne humaine.

Les besoins de base

Eric Berne1 s'est interrogé sur nos besoins vitaux. Par analogie à la nutrition, il les a appelés "soifs" en montrant ainsi à quel point ils sont fondamentaux.

Avons-nous, au-delà de l'eau, de la nourriture ou de l'air, d'autres besoins tout aussi importants, et donc vitaux ?

Oui, répond Eric Berne qui a identifié trois soifs fondamentales chez tout être humain :

  • La soif de stimulation
  • La soif de reconnaissance
  • La soif de structure

Pour survivre, l'être humain est dans la nécessité de satisfaire ses soifs fondamentales, il va, en conséquence, utiliser une grande partie de son temps et de son énergie pour y parvenir. Que nous en ayons conscience ou non notre activité quotidienne, pour une bonne part, est orientée vers la satisfaction de ces trois soifs. Connaître nos besoins nous permet de satisfaire nos soifs avec plus d'efficacité. Ainsi réussissons-nous à nous maintenir en bonne santé morale et physique.

Le besoin de stimulation 

Dès sa naissance, l'enfant reçoit de nombreuses stimulations de toutes sortes : il est touché, nourri, manipulé, caressé, il sent les parfums, entend des sons, voit lumières et ombres, il goûte le lait. Il entre en contact avec le monde avec ses cinq sens.

Les sensations fortes, devenues perceptions, vont accompagner son évolution et son développement tout au long de sa vie.

La personne satisfait sa soif de stimulations en utilisant ses cinq sens, et ainsi entretient sa relation avec son environnement. Pour Eric Berne, la soif de stimuli conduit l'individu à l'activité sociale, dans le but d'éviter la privation sensorielle qui provoque la perte de sens et conduit à la pathologie.

Le besoin de reconnaissance

 

La soif de reconnaissance correspond au besoin de l'individu d'être accepté et reconnu par les autres en tant que lui-même, à la fois être humain singulier, spécifique, mais aussi semblable aux autres.

Sa satisfaction permet l'élaboration, par la personne, de son image, de son psychisme. Pour la satisfaire, la personne met en œuvre des comportements et des conduites qui lui permettent d'établir une relation avec les autres. Dans son livre « Que dites-vous, après avoir dit Bonjour ? »2 Eric Berne explique la manière que nous avons d'entrer en contact et en relation avec les autres.

Tout moyen est utilisable, aussi bien les coups que les caresses appelées « strokes » car le besoin de reconnaissance est si profond et si vital que la personne vit l'indifférence comme insoutenable.

Le besoin de structure 

Pour Berne, l'être humain a le besoin vital de se positionner dans l'espace et dans le temps. Au fil du temps, selon la façon dont nous structurons nos relations, nous obtenons soit des stimulations, soit de la reconnaissance, et ce, en fonction de besoins dont nous avons plus ou moins conscience.

Comment structurons-nous notre temps dans la relation avec l'autre ?

Eric Berne classe six manières de s'impliquer dans une relation avec un ordre croissant de stimulations obtenues et de risques pris pour les obtenir.

Cette façon de structurer le temps permet à la personne de choisir le mode approprié qu'elle est prête à engager dans la relation aux autres pour satisfaire ses soifs vitales.

  • Le retrait. La personne utilise son temps pour être en contact avec elle-même, elle est avec les autres mais ne communique pas avec eux, et reste dans ses pensées.
  • Le rituel. La personne entre en relation avec les autres de façon stéréotypée. Elle utilise des formules simples et complémentaires : « bonjour, ça va ? » « ça va, et vous ? ». Ce sont des habitudes culturelles.
  • Le passe-temps. La personne passe le temps, elle échange des informations avec son interlocuteur, elle discute sans trop s'impliquer dans la relation. La conversation est balisée, elle se fait "toute seule", sur des sujets comme la météo, le dernier film, ou les voisins … C'est le moment où la personne repère les partenaires possibles avec lesquels elle pourrait aller plus loin dans la relation.
  • L'activité. La personne instaure une relation qui est orientée vers une tâche à réaliser ensemble. La conversation, les gestes sont dédiés à cette réalisation : une randonnée, l'élaboration d'une maquette, d'un site internet…. C'est une manière d'échanger avec des personnes pour obtenir un résultat, un bénéfice, une production ou une concrétisation … au travail, en famille, etc.
  • Les jeux. La personne établit des séquences relationnelles où la relation et où ses échanges avec l'autre sont très intenses, récurrents et génèrent beaucoup de stimulations, mais aussi, où la fin est prévisible et négative. Eric Berne a nommé ces séquences « jeux psychologiques ».
  • L'intimité. La personne établit une relation sincère et exempte de volonté manipulatoire où les interlocuteurs échangent sur ce qu'ils ressentent, et s'impliquent (joie, tristesse...). C'est le mode le plus risqué de communication parce que les personnes montrent leur vulnérabilité, se livrent. C'est un vécu dans l'instant. L'échange est direct et spontané. Structuration du temps rare, de courte durée, et de grande intensité.

Pour illustrer les présentations des concepts d'origine de l'Analyse Transactionnelle « les états du moi », « les transactions », « les jeux psychologiques », « le scénario », nous avons choisi une petite scène de la vie quotidienne, que vous retrouverez au début de chaque page.

Les états du moi sont des « réalités phénoménologiques, de la même façon que les jeux psychologiques et les scénarios sont des réalités sociales opérationnelles.»

Vous avez la liberté de naviguer d'un concept à l'autre par un simple click, néanmoins nous vous conseillons de suivre l'itinéraire suivant :

  1. (Berne, Des jeux et des hommes, 1975) p. 14-15
  2. Tchou, 1979
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